conques (notes)

Il y a d’abord ce fin silence, auroral, spectral presque. Une ligne ténue de silence.

Un arc, tendu par-dessus la vallée.

Cela enfle, massif. Blocs de calcaire, de grès ou de schiste. Et les crêtes alentour.

Le temps d’un matin.

·

Ici, quelque dieu a creusé cela, quelque divinité tellurique — ce paysage de roches, et la verdure qui s’y accroche, la louange et le chant. Comment ne pas croire — mais à quoi ?

Ces pentes, cet à-pic, ce flanc. Cet or du soleil, aussi.

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Nul besoin de pierres. Toutes, sont déjà là.

Elles sont le paysage même, heurtent — comme des socs le ciel, le travaillent, le retournent, le remuent.

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On croirait que les siècles n’ont pas de prise ; le temps, infiniment long de la formation du monde est étendu là, gisant.

CONQUES (notes) – 2021