mai 2022 NUM2RO 0 supplément – A comme Acropole – the cavalcade 2021

UNDER THE EARTH BEHIND THE SKY IT HAPPENS AND IT HAPPENED DES QUATRE COINS DE L ÉDIFICE à l angle d azur / CE VIDE / D OÙ LA RAISON FUIT mais pour quelle rumeur à quel intermédiaire selon le cours de quel événement ces fragments déposés dont on ne décèle tout à fait le nombre ni le sens on dirait les états d un mouvement antérieurs puis postérieurs chacun touchant le sol au fur et à mesure / ce / roulement de tambour ce TONNERRE QUI VIENT (L AIR EST COMME EMPLI DE LA CHALEUR QUI TREMBLE) DANS CE DÉLUGE DE BOMBES à une quelconque station de métro UNDER THE EARTH ce monde souterrain depuis le plein ouest ce couchant ce mouvement rétrograde cette illumination qui embrase le ciel CE DÉLUGE DONC D ACIER ET DE FEU car c est là que tout débute et non aux flancs d un pentélique ABANDONNÉ UNDER THE EARTH AND BEHIND THE SKY this devastation the rude wasting of old time the breath and magnitude ces blocs à l espace ces ruines ce vaste (blancs) CASSANTS / CELA COMMENCE ET CELA / A COMMENCÉ où courent ils donc tous hors de la durée sinon seuls the wreath and the murmur of the time understanding and seasons WASTE and vastitude of antérieurs puis postérieurs postérieurs puis antérieurs ce roulement toujours / où / cette carrière ces flancs creusés taillés UNDER THE EARTH ces modules (MÊMES) alternant à la course de l espace son SEUIL marble lands with horsemen nude car c est bien de raison qu il s agit là cette houle des corps / pourquoi / et l on aura beau chercher comme à l horizon des pierres (DISQUES ÉTROITS PYRAMIDES TRONQUÉES VOLUMES NEUTRES) la signification de ce fatras désormais blême cette nudité de cadavre dont ils s enveloppent EUX mus par je ne sais quelle nécessité ce sommeil de mort dont nul ne se réveille MAIS CETTE RÊVERIE ENCORE dizzying pain of vastness ou cette méditation sur ce tombeau d écume crinières cette lente ondulation des vents et des marées des nuées alentours copeaux de calcaire éclats façonné d où émergent les têtes the rite of solomon s temple which age and the gold spring ON ENTEND à moins que ce ne soient les chapelets de bombes tombant sur la duveen gallery ou sur DRESDE les marteaux des tailleurs / KA KA KA KA / ou en rythme encore / KA HÉKA KA / ils frappent une brève une longue une brève une longue alternant eux aussi dans ces débris ce chantier ces blocs the path heads birds trees and clouds DANS L AZUR s effritant désormais feuille à feuille s y développant comme les chevaux de marey s entreformant pénétré (NÉBULEUX) cet achéloos d encolures et de croupes THUNDERHORSES with storm and pale and raged who has the palm / lives must die eventually passing to eternity and here everything tells me i must die the sun the shadow the sovereign sky all dying and dead FORMS OF TRUTH one fallen generation like flowers in a wheat field mown and thrown chapiteaux ébauchés fûts blocs échafaudages THE GROUND et ce bandeau de feu qui va auréolant une seule forme produite par elle même sciant heurtant frappant roulant le choc répété des sabots piaffant ces poitrails pétrifiés cabrant foulant la colline délitée / KA KA KA / tandis que martèlent les carriers débitant à gros blocs leurs tabliers farinés de marbre les fardiers & les bœufs la poussière des immeubles effondrés les sirènes figures mutilées SIGNE PUISSANT DU TEMPS émanant de la pierre y retournant dans ce londres / DÉVASTÉ PAR LES BOMBES / quand les anglais répétaient le discours de périclès sur la liberté et le poème de kipling encadré dans le bureau à vrilissia y est il toujours / ΑΥΤΟ ΞΕΚΙΝΑ ΚΑΙ ΑΥΤΟ ΞΕΚΙΝΗΣΕ ce lent mouvement par lequel tout émerge cette colonne de cavaliers dans la montagne cette répétition mécanique pareille à un méandre ou l épure terrible d un poème de ritsos αυτό ξεκινά και αυτό ξεκίνησε SIGNE PUISSANT DU TEMPS le collier de sommeil où s éteint le monde (RÉPÉTÉ) on dirait que le ciel a sombré ici bas les chevaux de phidias OÙ LES AS TU VU stiff white horses and yet white and white figures the sky above aegean depuis l extrémité de quel continent ces grandes formes pétrifiées cette combinaison de corps αυτό ξεκινά le ciel au dessus égéen ce galop veiné fissuré rongé à l acide ce galop de scies ce DÉMONTAGE ou alors construit on ce camp de baraques ce tas d échafaudages et de chapiteaux ces blocs dépareillés leur lit d attente face muette ce désespoir des pierres OÙ SE REPOSER / TO DIE / TO SLEEP and by a sleep to say we end NO MORE (MY SPIRIT IS SO WEAK) / mortality / TO DIE to sleep / PERHAPS TO DREAM / weighs heavily on me like unwilling sleep this play of FOR IN THAT SLEEP OF DEATH WHAT DREAMS MAY HAPPEN AGES the breath of history comme des langues d écume luisant à leurs robes lustrées le parcours mathématique d un corps et cette ruine quand bien même ou CET ENROULEMENT SYNCOPÉ in this grecian nightmare and / SORROW / by the front of the sky who has the palm which rider in these lands of desolation / WAR / DRAMES periodicity / REVOLUTIONS / and lost thrones PAR L ŒUVRE DU TEMPS ET LA RAGE DES HOMMES (DÉCOMPOSÉES) c est une pluie noire qui descend sur la terre sous cet horizon de tréteaux de planches de cordes et de poulies où les ouvriers peinent dessus les madriers cette sciure de pierre white horses with their shivering coats (STILL) and white MARMOREAN L échelle du temps sinon un kairos de marbre tout pèse sur moi ces quartiers de pierre bardés / L AHAN / des bêtes et des hommes ce sommeil des grands blocs étendus l ascension des masses tronquées dans leur gangue d azur mais quel ciel peut soutenir pareille charge et quel écho l emboîture à ses angles éclatés appesantit les coups (LA TÉNÈBRE / ENCORE) on great russel street temporary closed mais parle t on d un socrate musicien et quelle lyre ÉLÈVERAIT CES CORPS quels accords vibrent sinon les accents d un thrène chant funèbre de ces cheminées d ifs parsemant la colline elles brûlent plus que des cadavres et moins que des colonnes dans cette fournaise où le soleil lui même / CYMBALISE / je me souviens de ces grands chevaux tristes que la mer a lentement mâché & le petit cavalier de bronze du musée national d athènes that i d seen when i was a young boy & la montée vers l acropole à cette colline où l herbe stridente resplendit parmi les oliviers ces bœufs immaculés que l on mène là haut taureaux des sacrifices dalles immenses triglyphes linteaux majestueux comme on y hisse les pierres une porte soudain / SIMPLE RECTANGLE D AIR / dans ce dédale ou cette gigantomachie calcaire s il est des dieux n est ce point là NON EN CE TEMPLE mais en chaque bloc des / murs de soutènement chaque agrafe de plomb chaque entablement chaque fût chaque échine ou chaque cannelure ce silence que produit l intensité d un bleu de cobalt où tout cela se trempe i walk on among the night s black reeds one narrow line bends at cadaverous dawn / liminal place SOUNDS between bodies mais où se reposer / OTHER THAN IN DEATH / ces contreforts puissants que supportent ils ces murailles blanchies et lustrées de sang SUIS JE LÀ parmi cette foule among these voices ces pierres éparpillées THIS DISASTER GRILLE DE MARBRE SOUTENANT LE CIEL démembrée (DANS L ÉPAISSEUR DES VENTS) ce galop de vertèbres cette répétition de mains de pieds de têtes profils brisés heurtés le délié DES DÉCOUPURES disjected horses stamping the ground under stonying sky as far as THE BLEND massive oxen drawing and straining tandis qu œuvrent les architectes ictinos callicratès phidias AND MOROSINI les crieurs d ordres claquent les noirs bandeaux les drapeaux à l acropole décrochés battant les tombeaux ET TOUT CELA CARACOLE SOUS LA MASSE PORTÉ PAR je ne sais quel rêve la victoire ou la mort sur les frontons / ON MARBLES / dépossédés LA VANITÉ de ces grandes carcasses ces têtes osseuses PIERREUX frappant l air vide sinon car s agit il d autre chose en définitive lorsque le degas des panathénées écrit UN SONNET à l en creux des moulures et des plâtres coquilles à l ardeur des ténèbres ou à la vacance d un être sacrifié au matin suis je cela silencieux dans ce chaos de râpes de pointes et de ciseaux TOUT PARLE À CET INSTANT ce murmure des pierres / TOUT CRIE / ces blocs et ces rochers dont on a fait le témoignage des vivants & des MORTS entassés pèle mêle en charnier ou trophée cet ossuaire blanchi L / IMMOLATION D UN SOLEIL DE MARBRE AU FRONT D UNE VICTIME / la mer & la victoire et cette chair pétrie au silence du jour ce paradoxe aussi d une figure s éternisant lorsque tout disparaît ce flot enfin qui bat la rive d un golfe clair / SALAMINE / aussi bien cet effort cette tension rivetée de muscles de tendons et d os où rien n atteint telle perfection que la coiffure des hôtesses d aegean airlines (ET JE RÊVE ENCORE) environné de temps retiré moi même à l impondérable ou la clarté inopérante indéfinie peut être masses leviers pics taillants et burins ces courroies ces cordes et tout cet appareil de planches la poussière encore qui habite les bouches bleuies η πατρίδα και βελόνες πεύκου στις πλαγιές του πηλίου la patrie OUI et la cadence souple des rameurs cette nef vaste et blanche / SALAMINE / toujours l écume du soleil et les gouttes piquant la bordure nacrée des chlamydes fragments numérotés (UNE NIKÈ PEUT ÊTRE) la cohue des touristes déposés aux rives DE LA LIBERTÉ ou massés là dans cet entassement inerte de pierres de blocs & de gravats érigés à la faveur de je ne sais quelle IDÉE inertes eux même à ce spectacle ce cheptel ou ce bétail humain cette litanie cette babel bruyante LORSQUE les heinkel et les junkers pleuvaient sur londres les stukas comme des faucons plongeant en piqué à cette heure enfin le sang les larmes et la sueur des corps barbouillés de cendre et de craie / LA BATAILLE DE LONDRES DÉJÀ / les cadavres démembrés des statues parmi les façades charbonnées la grande nuit de suie aux abords d un sanctuaire sinon cet abattoir des éclairs cinglent le ciel AU SOMMEIL EFFONDRÉ les jarrets cédant et ployant sous le poids des lourdes carcasses les bêtes agenouillées meuglant les fanons englués les viscères et la merde et l odeur écœurante et tiède des estomacs tout cela cette bouillie d os et de peaux et de cornes et de mouches (DÉPOUILLES SANGLANTES) DES HÉROS TOMBÉS à cette heure TARDIVE / ΟΧΙ / είπε et le ressac puissant qui porte tout cela / ΟΙ ΜΑΧΗΤΕΣ ΤΗΣ ΕΛΕΥΘΕΡΙΑΣ / quand freyberg et mackay songèrent alors et vasey νύχτα των θερμοπυλών κάτω απ το αιματηρό πέπλο σου AND CRETE DEAD ON TIME & les grandes panthères du palais de pylos les fleurs & les ibis les roseaux et schliemann et bakst et ventris et les masques d or martelé des rois de l ancien temps (OFFRANDES DE MIEL) και αρωματικών ελαίων & les bœufs les porcs & les moutons sacrifiés / LE CORTÈGE DU TEMPS AUX AILES DÉPLOYÉES / ils passent ces chevaux raides têtes hautes piaffant et tressaillant sous leurs robes de marbre κι εδώ ΣΚΕΦΤΟΜΑΙ μπροστά σ αυτούς τους τοίχους εκ των οποίων υπάρχουν μόνο οι βάσεις ΠΕΤΡΕΣ ΛΕΥΚΕΣ ΠΕΤΡΕΣ η σιωπή ανάμεσα στα ξερά χόρτα dans ce crépuscule de colonnes et d architraves and i cannot fiddle SURE he said but i can make a great state from a little city & GORDON PACHA & / SOLON / et les sept sages et tout cet équipage de chèvres de tambours de câbles de treuils de machines de palans de poulies de leviers cette procession (DE PIERRES) / ΗΛΙΕ / ω εσύ μεγάλε ήλιε που ρίχνεις το φως σου στους ζωντανούς / OUI TOI SOLEIL / AUX ESCALIERS DE KARTHOUM et les marches que télémaque foula lorsque les princes menaient encore la charrue et les dictateurs & qu αλεξ dansait sur sa terrasse parmi les clochers clairs et le soir bleu / Ω ΗΛΙΕ ΤΩΝ ΖΩΝΤΑΝΩΝ ΚΑΙ ΤΩΝ ΠΕΘΑΜΕΝΩΝ / & l air le plus pur vissé à la hampe des arbres claquant ainsi que des drapeaux la grille du silence à la porte trouée (BOIT LE JOUR) un cœur et les noyaux de pêche (OU) peut être sinon & l odeur âcre entêtante et profonde épaisse (DES ÉCURIES) comme une tranche grasse & le choc puissant des sabots / KA KA KA KA / striant bruissant griffant et matérialisant les lignes d un espace fini divisé enclos ce manège sa profondeur où rêver où dormir à l étrange lieu l algèbre d un nuage et la froide comparaison πού να ονειρεύεσαι πού να κοιμάσαι στον περίεργο χώρο cette ferveur des vagues offertes à poséidon ce grand tremblement / l épaule de marbre d un héros / je passai dans le rugissement du temps absent à tout cela / Ô DIEUX DIVINITÉS SOURDES QUI UN JOUR AVEZ LEVÉ CES BARAQUES DE PIERRES CE PARC À BESTIAUX CETTE EXCAVATION CE PORTIQUE TOUTE CETTE GRANDEUR FROIDE ET DÉSORDONNÉE

poème 2 2022

PAUL VALÉRY – matin du 15 mars

devant le musée / des cyprès massifs / taillés en colonnes doriques / (comme les arbres / les pierres) / temple infatigable / élevé à quelque divinité ? / OÙ / L’ESPRIT peut-être /mur denticulé de chapelles / IDOLES / et cet incipit / RIEN DE BEAU NE PEUT SE RÉSUMER

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un fourgon arrive et décharge son contingent d’immigrés
des Africains ici
ils se rendent sur leur chantier
parmi les villas splendides
du mont Saint-Clair