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Sur l’image.

En elle, réside quelque chose d’une force d’évocation. En elle, s’exprime le langage ; mais au sens spécifique où s’exprime un citron. En elle, l’irruption du merveilleux, la force d’un sentiment magique condensé en une formule. Comme pour la réalisation du vœu, l’évocation façonne la chose ou, plutôt, la fait advenir ― non pas seulement désignée, mais nommée et revenue au jour ― à la lumière limpide. L’image nous parle de cela ― des premiers temps de l’être, de ce saisissement qui nous étreint dans sa contemplation : « un éveil silencieux de son visage, crépusculaire et délicat comme la mer sous les premières touches de l’aube ».

Image unitaire du monde, de sa beauté, l’image poétique est toujours, à travers elle, ― cette unité, cette beauté, ― réminiscence de l’origine. En ce sens, elle est intuition ― promesse originaire d’une aube. Car, en effet, elle est d’emblée placée sous le signe de la promesse, de ce qui doit advenir. Mais cette advenue n’est rien que la répétition intime d’un mouvement originel et, l’origine elle-même, une promesse.

Cet « il était une fois » n’est rien d’autre que l’« il était une fois » de la première fois, et c’est ainsi qu’il nous faut l’entendre ― à chaque fois, ― jusqu’à la fin.

« Un chant, tel est le langage des dieux qui sont en dehors du temps terrestre, le langage du premier et du dernier homme. »

CAHIER DES PROBLÈMES – 2004 / 2010