tout floconne, ici

Tout floconne, ici — au sein de l’air, les pensées, les rêves, le Moi dans son absence, du moins, s’absentant à lui-même ou se donnant congé. Tout disparaît. Ce sentiment d’une éternité ne s’éternisant qu’en ce qu’elle est absence, qu’à cette seule raison : sa dilution ou sa disparition progressive. Comme un corps lumineux se laisse dévorer par l’ombre ; comme le sucre que l’on plonge dans l’eau se délite. Tout s’éparpille, se désagrège, fond — ou flotte en suspension, peut-être sous une autre forme. Est-ce cela — l’expérience de la durée ? Non la mienne propre — mais, plutôt, ce battement de l’Univers —.

ÉLÉMENTS – 2019